École d’automne : La mondialisation de la santé : savoirs, pratiques, politiques. Candidatures avant le 11 septembre 2017

La mondialisation de la santé : savoirs, pratiques, politiques

 

Une École thématique interdisciplinaire de recherche intitulée « La mondialisation de la santé : savoirs, pratiques, politiques » se déroulera à Marseille du 23 au 27 octobre 2017. La date limite de candidature est fixée au 11 septembre 2017.

En vue de former de jeunes chercheurs et chercheuses – doctorat et post-doctorat – dans une perspective interdisciplinaire aux questions de la mondialisation au cœur de l’actualité de la recherche en sciences sociales de la santé, l’EHESS organise dans le cadre du Programme de recherches interdisciplinaires « Santé » (EHESS) et l’IRIS « Études Globales » (Paris Sciences Lettres) une formation thématique à l’attention à Marseille (Vieille Charité) du 23 au 27 octobre 2017, avec la participation de la sociologue Nitsan Chorev (Brown University), l’anthropologue Cori Hayden (UC Berkeley), l’historien Guillaume Lachenal (Université Paris-7) et Wen Hua Kuo (National Yang-Ming University), pour les science and technology studies.

Comité d’organisation

Emmanuel Henry, Jean-Paul Gaudillière, Frédéric Obringer, Christelle Rabier, Francesca Sirna, Joëlle Vailly.

Présentation

Le terme de santé globale est aujourd’hui utilisé par des acteurs extrêmement divers, des universités à l’industrie en passant par les fondations, sa polysémie n’a donc d’égale que son ubiquité dans la mesure où il désigne aussi bien l’émergence, principalement aux États-Unis et en Grande-Bretagne d’un véritable champ de recherches et d’action que des processus de circulations de biens, de capitaux, de personnes, de savoirs et de politiques qui tous relèvent d’une histoire de longue durée même si les trente dernières années ont introduit suffisamment de ruptures pour qu’on puisse parler d’un nouveau régime du gouvernement inter- et transnational de la santé.

L’épidémie de Sida/HIV et les façons dont elle a, à partir des années 80, été appréhendée et discutée constitue de ce point de vue un bon marqueur. Dans ce contexte, global renvoyait aussi bien à l’épidémiologie et à la transmission de l’infection à l’échelle de la planète, à l’idée d’actions coordonnées et de programmes à mettre en œuvre dans un grand nombre d’États, à la création de nouvelles institutions internationales à l’évaluation, la standardisation et le financement des interventions préventives ou curatives, à la centralité du problème posé par les inégalités « Nord-Sud » et le manque de ressources des pays en développement qu’à la généralisation de nouvelles configurations de mobilisations telles que l’activisme thérapeutique des associations de patients.

Parallèlement à ces évolutions, les enjeux sanitaires ont connu au cours de la même période une importante redéfinition avec l’intégration des questions de santé environnementale incluant la santé au travail. La globalisation des activités économiques, les relocalisations de la production industrielle et l’accélération de la diffusion des produits, des procédés et des déchets aux effets sanitaires potentiellement délétères changent l’échelle et la nature des problèmes ainsi que leur prise en charge, plus ou moins internationalisée. Ces transformations conduisent à de nouveaux modes de gouvernement des risques, d’expertise et induisent une transformation des rapports de force entre États, organisations internationales, industries et mouvements sociaux.

Comprendre les changements d’acteurs, de cibles, d’outils et de politiques à l’œuvre dans cette nouvelle phase de mondialisation ainsi que leurs limites est un défi majeur pour les sciences sociales. Le relever implique un double processus d’historicisation et de localisation. Historiciser est indispensable pour mettre à distance une certaine fascination pour les innovations les plus récentes, qu’elles soient techniques ou organisationnelles, pour ne pas prendre l’arbre pour la forêt, l’expérimental pour la routine. Localiser est indispensable parce que l’international ou le global ne sont pas des donnés mais des construits collectifs complexes renvoyant tout à la fois à des formes d’agrégation et de généralisation du local qu’à la saisie, l’adaptation et la reformulation par les acteurs locaux des mots d’ordre, des programmes ou des préconisations définis à l’échelle mondiale.

De plus, parce que les enjeux récents de la mondialisation de la santé concernent des phénomènes aussi divers que la mise en économie de cette dernière et les liens aux marchés, l’émergence de nouvelles institutions transnationales (organisations internationales, ONG), l’apparition de nouveaux instruments d’objectivation et de gouvernement des risques, le recentrage des interventions sur l’invention et la mise à disposition des thérapies médicamenteuses que l’internationalisation de certains registres de savoirs traditionnels en réponse aux limites des interventions biomédicales, une telle compréhension ne peut relever que d’une démarche pluridisciplinaire jouant des sites, des échelles et des temporalités.

La mondialisation de la santé fait d’ores et déjà l’objet de travaux importants au sein de l’EHESS et de la COMUE PSL, par le nombre des jeunes chercheurs (doctorants et post-doctorants) impliqués, par leur ambition théorique et par le fait qu’ils émanent de collègues travaillant en Afrique, en Asie ou en Amérique Latine. Ces recherches s’inscrivent dans des horizons disciplinaires divers, qu’il s’agisse d’anthropologues et de spécialistes des diverses « aires culturelles » au cœur de la santé globale, d’historiens qui se sont penchés sur les processus de mondialisation antérieurs à la seconde moitié du xxe siècle ou sur les circulations de l’histoire « connectée », de sociologues s’intéressant à l’action publique sur les modes de gouvernement des produits et activités dangereuses à l’échelle transnationale, ou encore d’économistes qui ont choisi de ne pas ranger l’économie politique et sa relation aux sciences sociales au registre des pertes pour le plus grand profit de la micro-économie et de la modélisation.

Afin de donner plus d’ampleur et de visibilité aux travaux existants, une école thématique pluridisciplinaire aura lieu à Marseille dans la semaine du 23 au 27 octobre 2017. Celle-ci combinera la réflexion sur des thématiques nouvelles ou émergentes, la formation des jeunes chercheurs (doctorants et post-doctorants) et le développement des échanges entre tous ceux qui au sein de PSL travaillent sur les questions de santé mondialisée de façon plus ou moins isolée. Elle interrogera le phénomène contemporain de « santé globale » avec ses acteurs, ses cibles, ses outils et pratiques spécifiques d’intervention dans une perspective qui tienne compte de l’inscription de ces processus dans une durée qui n’est pas seulement celle associée aux constructions impériales et postcoloniales.

Plus spécifiquement, il s’agira de

  • revisiter des enjeux classiques mais qu’il importe d’aborder du point de vue de ce changement putatif de régime (par exemple la question des savoirs traditionnels, de leur modernisation plus ou moins alternative aux savoirs et pratiques de la biomédecine et du lien qu’ils entretiennent à des cultures et identités changeantes) ;
  • faire le bilan de questionnements qui ont fortement marqué les recherches récentes en tirant parti de leur transversalité à d’autres secteurs ou mondes sociaux (par exemple sur les dynamiques d’innovation et de relations entre savoirs, État et industrie ou encore sur les liens entre hégémonies, circulations et effets d’échelle) ;
  • explorer des problématiques émergentes (par exemple la mise à l’agenda de nouvelles cibles telles que la santé mentale ou la santé environnementale ou encore la façon le tournant néolibéral des politiques publiques accentuent inégalités et discriminations, contribuent aux délitement des protections étatiques généralisées ou revendiquées dans l’après-guerre, obligent – en réponse – à inventer et expérimenter d’autres formes de solidarité et dessinent de multiples convergences entre Nords et Suds).

Organisation

D’une durée de cinq jours (du lundi 23 octobre, 14h au vendredi 27, 13h), l’école thématique donnera à des jeunes chercheurs la possibilité d’écouter des spécialistes de réputation internationale sur ces questions, à savoir

  • la sociologue Nitsan Chorev (Brown University);
  • l’anthropologue Cori Hayden (UC Berkeley);
  • l’historien Guillaume Lachenal (Université Paris-7);
  • et Wen Hua Kuo (National Yang-Ming University), pour les science and technology studies.

Jeudi 26, 19h – Projection du cycle Theatrum botanicum: The Crown against Mafavuke ; Mafavuke’s Trial ; Muthi. (Uriel Orlow, 2015-2017), en présence du réalisateur ​
​au Polygone étoilé, 1 rue François Massabo, 13002 ​​Marseille.

Les jeunes chercheurs et chercheuses sélectionnés par le comité d’organisation participeront à des ateliers de lecture et de discussion critique de travaux fondamentaux et présenteront leurs recherches en cours aux enseignants-chercheurs présents. Ces dernières présentations seront sélectionnées par le comité d’organisation. Chaque intervenant-e disposera de 15 minutes pour résumer les principaux points du texte de sa contribution qui devra être mise à disposition avant le 10 octobre 2017. Les travaux se tiendront en français et en anglais.

Candidature

Toutes les personnes intéressées à participer à l’école thématique et y présenter une contribution sont donc invitées à envoyer un CV et un résumé d’une longueur maximale d’une page avant le 11 septembre 2017 à ecole_mondialisationsante@ehess.fr

Informations pratiques

Chercheur(s):

Jean-Paul Gaudillière, Frédéric Obringer, Christelle Rabier

Date(s)

  • Lundi 23 octobre 2017 – 14:0018:00
  • Mardi 24 octobre 2017 – 09:0017:00
  • Mercredi 25 octobre 2017 – 09:0017:00
  • Jeudi 26 octobre 2017 – 09:0017:00
  • Vendredi 27 octobre 2017 – 09:0013:00

Lieu(x)

  • EHESS, Centre de la Vieille Charité -2, rue de la Charité, 13002 Marseille

Contact(s)

  • ecole_mondialisationsante@ehess.fr

Mots clé :

Globalisation, Santé